Point au 1er avril : L’entraide dans la communauté française à Hong Kong, comptes rendus, analyses

Publié le 1 avril 2020

Ce texte exceptionnellement long est un compte rendu d’une sélection de cas pratiques cette semaine, ainsi qu’une tribune et quelques réflexions personnelles.

Quand on dit que chaque crise vient avec ses opportunités, en voici une autre : éclaircir et mieux comprendre les rôles de chacun, en particulier les différents acteurs de la communauté française.

C’est un moment propice à la réflexion et à la remise en cause de soi-même et du système, avec peut-être la possibilité de l’améliorer, ou en tout cas d’enclencher des leviers permettant une amélioration des process.

C’est quand les temps sont difficiles que l’on se teste, que l’on voit si le système fonctionne, si la communauté est soudée, et si tout fonctionne de manière optimale pour la défense efficace des intérêts des Français de l’étranger.

 

1. Communauté française : qui sont vos interlocuteurs ? Qui est qui, qui fait quoi ?

 

En temps de crise, il faut bien connaitre les rôles de chacun.

  • L’administration : le ministère, les ambassades, les consulats. Ils représentent le gouvernement, l’Etat français.
  • Les élus : ils représentent les Français de l’étranger, élus par eux au suffrage universel direct (conseillers consulaires, députés) ou indirect (sénateurs)
  • Les associations : elles défendent les intérêts des Français de l’étranger dans leur ensemble (UFE, Français du Monde ADFE, FIAFE, associations caritatives d’entraide) ou selon leurs spécificités (chambres de commerce, parents d’élèves, etc…)

L’administration a pour vocation première les fonctions régaliennes de l’Etat qui sont la sécurité de nos compatriotes et les fonctions administratives essentielles (passeports, certificats, naissances, etc…), ainsi que bien évidemment des relations diplomatiques avec le pays d’accueil. Les consulats et ambassades ne représentent pas le peuple, mais l’Etat français. On dit souvent que le consulat est l’équivalent de ce qu’est en France d’une préfecture, et non d’une mairie.

Ceux qui représentent officiellement les Français de l’étranger sont les élus ; les élus de proximité (conseillers consulaires) et les parlementaires (députés et sénateurs). Ce sont eux qui généralement habitent de manière stable dans leur pays d’accueil depuis de nombreuses années et le connaissent bien, alors que les diplomates des consulats et ambassades ne sont généralement que de passage pendant 3 ou 4 ans.

Enfin, les associations sont les acteurs de terrain, qui sont généralement organisées et structurées pour défendre les intérêts des Français de l’étranger. De mon point de vue, associations et élus de proximité ont exactement les mêmes missions, c’est la raison pour laquelle les conseils consulaires et la plupart des réunions importantes impliquent automatiquement à la fois les élus et les associations (exemple : les conseils de bourses scolaires pour étudier chaque cas de demande de bourse).

Vu les responsabilités très similaires de responsables associatifs et d’élus de proximité, il est assez courant de voir des cas où des mêmes personnes cumulent ces responsabilités. Ces situations tout à fait légales et peut-être même légitimes, contribuent toutefois à donner, aux yeux de certains, une image politique de certaines associations. Même si le travail de terrain n’a aucun lien avec la politique, l’image politique demeure dans l’esprit de certains.

Ce cumul de fonctions est d’ailleurs peut-être légitime est nécessaire, dans le sens où elles peuvent être complémentaires. Par exemple, les conseillers (consulaires, ou « conseillers des Français de l’étranger) sont souvent seuls. En tant que bénévoles, ou du moins avec une indemnité de frais de mandat tellement faible qu’on peut dire qu’ils sont bénévoles, ils n’ont généralement que peu de moyens pour aider leurs compatriotes.

Ils sont souvent dépourvus d’équipe, contrairement aux associations. Les projets assez importants, comme l’organisation d’un grand événement caritatif, se font nécessairement en équipe. Le rôle de l’élu pourrait alors être d’activer certains leviers, faire du lobbying, créer les conditions optimales pour que tout le monde travaille ensemble, mais souvent son rôle se résume à faire de la comm dans ses newsletters et réseaux sociaux. Et encore, certains conseillers ne s’en préoccupent pas. D’autres ne font pas de newsletter, ni ne sont vraiment actifs dans les réseaux sociaux via une page spéciale dédiée pour leur activité de conseillers, en dehors bien entendu des périodes de campagne.

Ils sont donc plus efficaces si ils travaillent en synergie avec les associations, ou si ils cumulent les fonctions, ce qui est souvent le cas. D’autres peuvent avoir recours à d’autres moyens, comme mettre à contribution des moyens non pas associatifs, mais privés (direction d’hôtels, médias francophones, agence de communication, entreprise de conseils, etc…) afin de servir leurs compatriotes, ce qui au final est un bon principe, tant que cela va dans l’intérêt de ceux-ci. On pourrait se poser la question de l’égalité des chances et des conflits d’intérêts, dans le sens ou avoir des moyens financiers pourrait aider à mener une campagne politique, mais bon c’est encore un autre sujet.

Ce serait plus grave dans le cas inverse, ou l’élu mettrait son statut d’élu de la République à contribution pour servir ses intérêts privés.

Dans tous les cas, il y a une différence fondamentale entre l’élu et la vie associative, c’est que l’élu de proximité, soit le conseiller consulaire, a aussi pour mission de voter pour les élections sénatoriales, comme le font les conseillers municipaux en France. C’est un point à ne pas négliger, car beaucoup d’élus très « politiques » cachent leur étiquette et leur engagement politique pour mettre en avant leur engagement de terrain, qui est souvent décrit comme « apolitique ». Ainsi soit-il, mais il est toujours bon d’avoir conscience des liens entre vos élus de proximité et les partis politiques en général.

Quels élus ont leur loyauté envers un parti, et lesquels sont vraiment indépendants ?

Une chose est sûre, le rôle des élus et des associations est de défendre les intérêts des Français de l’étranger. C’est ensuite cette notion de défense qui est à interpréter. Qu’est-ce que cela signifie, concrètement ?

Ironie du sort, cette crise du coronavirus covid-19 arrive exactement en pleine campagne d’élections municipales en France, et consulaires à l’étranger. Du coup, certaines bonnes volontés se sont révélées récemment ; on reçoit beaucoup d’informations, parfois de personnes jusqu’alors inconnues.

Concrètement, la plupart des élus relaient des informations. C’est important et je le fais aussi, cependant je pense que cela doit se faire en plus du travail de défense des intérêts des Français de l’étranger ; celui de prendre des initiatives, de prendre des positions, d’analyser les situations et monter au créneau si on observait quelque chose d’anormal, ou en tout cas qui suscite l’interrogation.

Ces dernières semaines, plusieurs situations ont suscité mon interrogation, et je vous en fais part.

Je ne suis pas là juste pour copier-coller des informations officielles, si c’était cela le mandat d’élu ou de responsable associatif, il suffirait de recruter un stagiaire, de lui demander de suivre l’actualité, vérifier les sources, et relayer les infos utiles.

Mon but est plutôt de faire bouger les choses, et de vous apporter une analyse de la situation, au-delà du simple relai d’information.

 

2. Le rôle de l’UFE, comptes rendus et questions diverses

 

L’UFE, c’est pas que des apéros et des soirées. C’est avant tout une association d’entraide, reconnue d’utilité publique. Elle a deux missions principales, la défense des intérêts des Français de l’étranger, et le maintien d’un lien avec la France.

J’ai été de nombreuses fois sollicité par des Français de Hong Kong ces derniers jours, sur des questions auxquelles je n’avais évidemment pas toutes les réponses. Heureusement, le siège UFE monde, ainsi que le consulat, mais aussi nos élus parlementaires, sont des aides précieuses pour obtenir les réponses utiles pour la communauté.

Quelques comptes rendus et points qui peuvent être utiles à tous :

 

  • Conférence sur les retraites, jeudi 26 mars

Notre partenaire Novelvy, spécialiste sur les questions concernant les retraites, a organisé un webinaire jeudi. Evénement originalement prévu comme une conférence classique, celui-ci s’est tout naturellement transformé en webinaire. Tout s’est très bien passé, environ 60 participants, y compris moi-même. Si vous avez participé et n’avez pas pu poser vos questions, ou si vous n’avez pas pu y participer, n’hésitez pas à contacter notre partenaire représentant de Novelvy en Asie, Maurice Nhan.

 

  • Apéro virtuel

Nous avons fait un premier test d’apéro virtuel vendredi 27 mars, c’est vraiment à refaire ! Rendez-vous est donné tous les vendredis, une petite heure de 19h à 20h. Ce sera l’occasion de nous raconter notre semaine, échanger sur tout et rien, poser nos questions diverses, etc…

Pour info, je sais aussi que nos amis de l’UFE à Bangkok ont aussi lancé les apéros virtuels tous les samedis soirs. Une belle opportunité d’échanger entre différentes UFE, ce que nous ne faisions pas avant cette crise !

  • Autres événements virtuels:

Le Fitness Club devient aussi virtuel avec une séance prévue ce soir, et tous les mercredis à 20h.

De même pour le Club Emploi, avec une réunion d’information le 8 avril.

 

  • Questions : visas « working holiday » et touriste.

Beaucoup d’entre vous m’avez sollicité au sujet des visas, notamment l’entrée et sortie du territoire, et la validation ou le renouvellement d’un visa. Je me suis renseigné.

En ce qui concerne les visas qui doivent être validés, comme les visas de travail et les visas working holiday, cela ne pose en général pas de problèmes. D’après des témoignages de Français dans ce cas, il est possible de sortir de Hong Kong en direction de Macao par bus, sans entrer dans Macao, et en revenant immédiatement à Hong Kong.

En ce qui concerne les visas touristiques, malheureusement il n’y a pas beaucoup d’options. Le principe de ce visa est de durer moins de 90 jours, et ni le consulat de France ni le gouvernement de Hong Kong ne faciliteront les tentatives de rester à Hong Kong en dehors du cadre prévu.

 

  • Question : où se faire tester à HK ?

Il est possible de se faire tester au covid-19 assez facilement à Hong Kong. Un article partenaire AD Medilink informe à sujet, vous pouvez le retrouver sur la page de liens utiles coronavirus sur notre site.

Attention, certains au retour à Hong Kong se font tester avant de finir leur période de 14 jours de quarantaine en sollicitant un service spécial. En cas de test négatif, cela ne vous dispense pas de finir votre quarantaine.

 

  • Question : garde des enfants mineurs en cas d’hospitalisation

Que faire pour les enfants français mineurs si les parents (ou le parent en cas de famille monoparentale) doit/doivent être hospitalisé(s) à cause du covid-19, et si aucun proche de la famille n’est disponible près du lieu de résidence à l’étranger pour s’occuper des enfants ? Des mesures sont-elles prévues pour aider ces familles si le cas se présentait ?

A Hong Kong, le consulat m’a confirmé qu’il est possible aussi d’établir un document désignant un tuteur dans ce genre de circonstances, celui-ci peut se faire avec l’aide d’un avocat, mais aussi simplement sous-seing privé avec deux témoins. Si besoin de conseils de spécialistes, n’hésitez pas à contacter des avocats spécialistes en droit de la famille ; vous en trouverez parmi les partenaires de l’UFE.

 

  • Quand auront lieu les élections consulaires ?

Les élections consulaires initialement prévues le 17 mai à Hong Kong ont été, comme les élections municipales, reportées. Un rapport sera rendu au gouvernement mi-mai au plus tard, sur la possibilité d’organiser des élections, et à quelle date. L’option la plus proche évoquée serait le 21 juin, en même temps que les élections municipales. Une autre option évoquée est en septembre. Enfin, certains élus souhaitent même repousser l’élection d’un an, en 2021.

Le choix entre vote par Internet et vote à l’urne sont prévus, mais pouvons-nous tout simplement voter par Internet ? A l’heure du numérique et dans un contexte de crise sanitaire, c’est une question que beaucoup de posent. Dans l’état actuel de la loi, ce n’est pas possible, le vote par Internet n’étant valide que si le vote à l’urne a lieu. Mais pourquoi ne pas changer la loi à ce sujet ? Tôt ou tard, il faudra vraiment moderniser le système.

 

3. Les « bons plans »

 

Petite anecdote, à force de poser des questions au consulat, un jour j’ai fini par avoir cette réponse : « Je pense qu’il est préférable que les personnes nous saisissent directement. »

A cela j’ai répondu :

« Ce serait effectivement préférable et même idéal afin que j’y passe moins de temps, et que je me consacre à autre chose car je suis bénévole et ne suis pas payé pour répondre aux nombreuses questions qui me sont adressées en ce moment.

Cependant, comme tu le sais, l’UFE est une association reconnue d’utilité publique qui a pour mission de défendre les intérêts des Français de l’étranger et par conséquent de les informer. Il est donc tout à fait légitime pour nos compatriotes de venir frapper à la porte de l’UFE pour toutes questions. Ils savent très bien que le consulat existe et si ils choisissent de contacter l’UFE pour diverses raisons, y compris simplement le côté pratique et représentant de proximité, ainsi soit-il. Je ne peux pas leur dire d’aller voir ailleurs.

L’idéal de mon point de vue est de travailler ensemble et trouver des synergies entre les associations reconnues et l’administration. Cependant OK, pour les questions pour lesquelles je n’ai pas les réponses, je vais désormais simplement les rediriger vers le consulat. Encore mieux et plus simple. »

Finalement, suite à plusieurs conversations téléphoniques, je pense que nous nous sommes bien mis d’accord pour travailler en synergie. Je reçois à nouveau des réponses à mes questions posées par notre communauté, que je transmets. Tant mieux, il est important que le consulat et les associations reconnues d’utilité publique puissent travailler ensemble de manière efficace.

Quand il s’agit de questions personnelles cependant, évidemment vous devez vous adresser directement au consulat.

Certaines questions d’intérêt général peuvent être légitimement posées. Par exemple, il était question la semaine dernière de bons plans réservés aux Français dans un hôtel de Kowloon, Il est évident qu’une telle initiative entraine des questions, plus ou moins sérieuses, du type « Et pourquoi pas des hôtels mieux placés, à Wan Chai ? ».

 

Le 25 mars 2020, à 10h22, j’ai envoyé la lettre ouverte suivante à notre consul général de France à Hong Kong et Macao :

 

Monsieur le consul général, cher Alexandre,

 

J’ai pris connaissance hier d’une initiative du consulat, ayant négocié une offre spéciale de la part d’un hôtel pour les Français qui auraient besoin d’un lieu pour leur quarantaine.

L’information a été communiquée aux conseillers consulaires.

Merci pour cette belle initiative pour la communauté française ; j’ai relayé l’information relayée par une conseillère consulaire, et les retours de la communauté sont très positifs.

 

J’ai deux questions à ce sujet :

1)            Avez-vous pour projet de poursuivre l’opération, avec de nouveaux établissements et options de logements à proposer à nos compatriotes ? Votre initiative est excellente, et si on continue sur le même principe, on pourrait obtenir une liste de « bons plans » pour nos compatriotes dans le besoin.

2)            A l’avenir, serait-il possible de transmettre ce genre d’informations non seulement aux élus, mais aussi et en même temps aux associations françaises, en particulier les associations officiellement reconnues d’utilité publique par l’Etat français ?

 

Bien cordialement

Marc Guyon

Président de l’UFE Hong Kong & Macao

Administrateur de l’UFE Monde

 

La lettre a été publiée dans les réseaux sociaux, vous promettant que je vous tiendrais au courant de la réponse obtenue. Un Français de Hong Kong m’a demandé des nouvelles à ce sujet, et j’ai promis un debrief dès que possible. Le voici.

J’ai reçu un appel plutôt qu’une réponse écrite. C’était le jeudi matin, 27 mars, soit 2 jours après mon message.

De mémoire, et pour être concis afin de minimiser le risque de mal reporter les réponses, je vais donner les réponses apportées, puis le reste sera des commentaires personnels.

Voici les réponses :

  • Pas de projet de « bons plans », cela sortirait du cadre des missions du consulat. C’était une initiative spontanée et n’a pas vocation à se reproduire. Cela n’avait pas non plus vocation à être présenté comme une initiative du consulat.
  • L’information avait été transmise aux conseillers consulaires car ils sont les interlocuteurs naturels du consulat. Rien n’oblige le consulat à informer les associations.

Que s’est-il passé exactement ?

Une conseillère consulaire publie un « bon plan » hôtel dont le consulat est à l’initiative ; information envoyée aux conseillers consulaires, et non aux associations. S’ensuivent mes interrogations dans la lettre ouverte au consul général, retranscrite ci-dessus.

Que dire de plus à ce sujet ?

Concernant le rôle du consulat, la réponse était exactement celle que j’attendais. Il est évident que le rôle du consulat n’est pas de négocier le prix des chambres d’hôtels, ou alors c’est vraiment qu’ils ont beaucoup de temps libre, ce dont je doute en ce moment.

La question reste légitime, dans le sens où si le consulat avait vraiment les moyens de négocier le prix de plusieurs hôtels afin de faire une liste de bons plans, ce serait vraiment merveilleux, et ce serait une information que les associations se feraient un grand plaisir de relayer. Ce serait une mission plutôt associative, mais avec du travail de pro.

Il est évident que le consulat peut jouer un rôle institutionnel. Représentant de l’Etat français, si il intervient dans une négociation, cela peut changer la donne. C’est ainsi que je vois le rôle du consulat, travailler en synergie avec les associations, et non se substituer à elles.

Le pire serait de travailler volontairement sans les associations, voire même de les évincer volontairement.

Je ne dis pas que c’était le cas, je dis juste que cela m’a interrogé. Pendant toutes ces années à la présidence de l’UFE Hong Kong, je me suis souvent interrogé sur certaines intentions. J’ai rarement eu tort, d’ailleurs je n’ai aucun exemple en tête où mon intuition m’a trompé.

Pourquoi le consulat, qui d’habitude partage toutes les informations à tous les conseillers consulaires et toutes les associations, se dispenserait de le faire cette fois-ci, en le faisant seulement auprès des conseillers consulaires ? Et pourquoi l’information n’a-t-elle été partagée que par un seul des quatre conseillers consulaires ? Existe-t-il une relation privilégiée entre l’administration et certains candidats aux élections ?

Encore une fois, c’est juste la question que je me suis posée, je ne dis pas que c’est le cas.

Je comprends par ailleurs que cette initiative de « bon plan hôtel » n’avait pas vocation à être présentée comme initiative du consulat.

Mais cela pourrait être pire ! Si l’information est donnée à certaines personnes, en leur disant qu’on ne souhaite pas que cette initiative soit présentée comme venant du consulat, que cela signifie-t-il ? Est-ce une aide du consulat pour donner un bon plan à un candidat, en lui laissant le loisir de s’octroyer le crédit de l’initiative ?

Encore une fois, je ne dis pas que c’était l’intention. Je m’interroge.

D’après ce que j’ai compris, les conseillers consulaires sont les interlocuteurs naturels du consulat, et nous sommes dans une période assez sensible, à cause des élections consulaires.

Je ne trouve pas cela normal. Les associations, et en particulier les associations reconnues d’utilité publiques par l’Etat français, sont tout autant des interlocutrices naturelles du consulat. Cela est d’autant plus vrai, si l’on revient à ma remarque sur le rôle des associations et des conseillers consulaires, que les associations sont souvent davantage sur le terrain, et disposent d’équipes qui peuvent se mobiliser pour relayer une information. Cela est d’autant plus vrai vu que certains conseillers consulaires sont totalement inactifs.

D’autre part, rappelons aussi que l’UFE existe depuis 1927, bien avant la création des postes de conseillers consulaires.

Des associations reconnues d’utilité publique, qui sont reconnues sur le terrain, souvent davantage que les conseillers consulaires, peuvent-elles être évincées du processus d’information à nos compatriotes, sur ce motif de période électorale ?

Enfin, je comprends aussi que cette histoire de bon plan hôtel n’avait pas vocation à faire l’objet d’une grosse « comm ». Je suis bien d’accord, mais dans ce cas il faut faire attention aux décisions prises. Ce n’est pas parce qu’on décide qu’il n’y aura pas de comm qu’il n’y en a pas. Nos actions peuvent entrainer de la comm, c’est la raison pour laquelle il faut être totalement transparents. Tout dépend aussi de quels types de personnages nous avons dans la communauté, ce n’est pas partout dans le monde où il existe des élus et des responsables associatifs qui font attention à ce genre de détails.

Je n’ai pas vraiment eu de réponse à ma question « A l’avenir, serait-il possible de transmettre ce genre d’informations non seulement aux élus, mais aussi et en même temps aux associations françaises, en particulier les associations officiellement reconnues d’utilité publique par l’Etat français ? », mais quelque chose me dit que le problème ne se reposera pas, car le cas ne se représentera pas.

Dans tous les cas, je suis de très près tout ce qui se passe dans la communauté française, et veillerai à ce qu’il y ait une transparence totale dans tous les domaines, et de la part de tout le monde.

 

4. SOS un toit

 

Le 20 mars, je vois que le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères Jean-Baptiste Lemoyne annonce via Twitter la création d’une plateforme d’entraide au sujet du logement entre Français de l’étranger. Cette plateforme est accompagnée du logo FIAFE, sans indiquer quoi que ce soit sur la nature du partenariat.

Comme vous l’avez compris, j’ai évidemment fait partie des présidents d’UFE qui se sont interrogés sur le sujet. A ce jour, je n’ai toujours pas eu de réponses sur la nature de ce partenariat.

Entre deux coups de téléphone, j’ai quand même appris que la décision avait été prise de manière assez ponctuelle, lors d’une simple discussion téléphonique entre le secrétaire d’Etat et la présidente de la FIAFE, sans consultations de qui que ce soit.

Ce serait encore un cas d’évincement des associations reconnues d’utilité publique, pour des motifs de calendrier électoral. Est-ce légitime, ou bien cela va-t-il trop loin ?

Peu importe, la cause est bonne, nous soutenons et nous avons relayé l’information.

Je dis juste que cela éveille quelques interrogations. Lorsque les temps sont difficiles, je pense qu’il faut davantage de solidarité et de travail ensemble, et non pas de créations de tensions au sein de la communauté française.

5Solidarité coronavirus

 

Voilà une très bonne initiative, un site d’entraide afin de faire face tous ensemble à la crise du covid-19, avec une finalité généraliste, et non pas seulement au sujet de logement.

L’administration relaiera-t-elle l’information, autant que la plateforme SOS un toit ?

Oui, dans le cas du consulat de France à Rome. J’ai également sollicité le consulat à Hong Kong à ce sujet, je suis en attente de leur réponse.

 

6. Le système des chefs d’ilots

 

Le sénateur Olivier Cadic, le 23 mars, a adressé des questions au gouvernement concernant l’identification des chefs d’îlots et la revue des plans de sécurité.

Les questions concernaient :

– une revue du plan de sécurité pour s’assurer de la présence des chefs d’îlots.

– que chaque consulat envoie un message aux Français de leur circonscription afin de leur communiquer le nom et les moyens de contacter leur chef d’îlot.

– d’assurer la plus grande visibilité du dispositif afin que chaque Français à l’étranger puisse s’y référer.

 

Ce sont d’excellents points, car je m’intéresse plus particulièrement à ce sujet depuis quelques années. Comment sont recrutés les chefs d’ilots, et sur quelles compétences ?

Je sais qu’ils sont recrutés sur la base du volontariat ; mais pour combien de temps, est-ce pour une durée indéfinie ? Y a-t-il un système mis en place pour vérifier leur capacité à être au contact de la population ? Que se passe-t-il si de nouvelles volontés se fassent connaitre ? Je me suis moi-même proposé pour être chef d’ilot, on m’a répondu qu’il n’y avait pas de besoin dans mon ilot.

Une fois par an, nous avons une réunion de sécurité, en présence de tous les chefs d’ilot, les conseillers consulaires, les associations, et des experts tels que les médecins référents du consulat.

J’ai senti beaucoup d’incompréhension et incertitudes de la part des chefs d’ilots, ne serait-ce que pour savoir à quoi ils servent, et comment remplir leurs missions. Sont-ils formés ? Si oui comment, à quelle fréquence ?

Quels sont leurs moyens de communiquer avec la communauté au sein de leur ilot ? Ont-ils à leur disposition, la liste des inscrits au registre des Français de l’étranger, dans leur ilot ? Ont-ils les numéros de téléphone de tout le monde ? Ont-ils un groupe WhatsApp ? En cas de besoin de contact urgent avec les compatriotes sous leur responsabilité, comment font-ils ?

Enfin, comment est actualisée la liste des inscrits au registre, ainsi que la liste des chefs d’ilots ?

Lorsqu’un Français de l’étranger change d’adresse et d’ilot, il est de sa responsabilité d’en avertir le consulat. Mais quelles dispositions sont prises pour que ce soit fait ? Y a-t-il une communication à ce sujet, pour leur rappeler ?

Quand un chef d’ilot change d’ilot ou même quitte Hong Kong, est-ce aussi uniquement de sa responsabilité de le déclarer au consulat ? Existe-t-il une vérification régulière que la liste des chefs d’ilots est à jour et leurs informations toujours exactes ?

Enfin, le site du consulat indique les numéros de téléphone et une adresse email générique pour chaque chef d’ilot. Est-il possible d’avoir leurs noms ?

Serait-il possible de communiquer aux conseillers consulaires et aux associations françaises les informations complètes au sujet des chefs d’ilots ? Les associations peuvent-elles contacter ces chefs d’ilot et travailler en synergie avec eux ?

Un Français de Hong Kong m’a demandé hier comment connaitre le nom de son chef d’ilot, j’ai posé la question au consulat. J’en profiterai pour faire un point sur tous ces points, et vous tiendrai au courant.

Enfin, une opération de communication sur le système des chefs d’ilots serait-elle envisagée ou envisageable ? Lors d’un sondage Facebook que j’ai créé, 139 personnes ont répondu ne pas savoir ce qu’est un chef d’ilot, 98 ont répondu savoir ce que c’est mais ne pas savoir qui sont leurs chefs d’ilot, et seulement 25 personnes ont répondu connaitre leurs chefs d’ilot.

7. L’aide aux entreprises

 

Plusieurs entrepreneurs m’ont contacté pour avoir plus d’informations au sujet des aides prévues par le gouvernement de Hong Kong, et moi-même suis concerné par le sujet.

Suite à leurs messages, j’ai posé les questions suivantes au consul général et à la directrice de la chambre de commerce :

« Pensez-vous que nous pouvons organiser une action conjointe avec la French Chamber, le consulat, l’UFE, et toute autre organisation pertinente, sur le sujet des aides aux entrepreneurs français ?

Avez-vous du personnel à la FCCIHK et au consulat, qui pourraient se consacrer à ce sujet complexe et urgent, qu’une association de bénévoles ne pourrait pas suivre dans les détails ?

Pour info, un press release du gouvernement de HK : https://www.info.gov.hk/gia/general/202003/16/P2020031600197.htm »

Je suis dans l’attente de leurs réponses.

D’autre part, une personne de la chambre de commerce m’a informé que des webinaires sont prévus, notamment une présentation de ces mesures de la part d’un membre du gouvernement.

 

 

Marc Guyon
Président de l’UFE Hong Kong et Macao
Administrateur de l’UFE Monde